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Ce qu’il faut savoir à propos de l’hémoglobinurie paroxystique nocturne

L’hémoglobinurie paroxystique nocturne (HPN) est une maladie rare qui entraîne une destruction prématurée des globules rouges. Les conséquences de cette destruction prématurée peuvent être des symptômes et des complications minimes (tels qu’une coloration des urines) mais peuvent aller jusqu’à se traduire par des troubles graves (tels qu’une leucémie ou un accident vasculaire cérébral). Il n’existe pas de facteurs de risques identifiés pour cette maladie, et bien qu’elle implique un gène (le PIG-A), il ne s’agit pas d’une maladie héréditaire.

Plusieurs traitements permettant d’atténuer les symptômes de l’HPN sont possibles. Un traitement médicamenteux se montre souvent suffisant mais, dans des cas plus graves, des transfusions sanguines ou des traitements aux corticoïdes peuvent être nécessaires. Les pronostics pour l’HPN sont très variables, avec une espérance de vie allant de quelques années jusqu’à une dizaine d’années lorsque des traitements sont administrés.

L’HPN est une maladie génétique acquise qui touche un gène appelé le PIG-A. Bien qu’elle soit d’ordre génétique, l’HPN n’est pas une maladie héréditaire. La maladie se déclare suite à des mutations génétiques qui se produisent au cours de la vie d’un individu.

Lorsque les mutations conduisent à la perte du gène PIG-A, l’HPN se déclare. Les mutations se produisent dans les cellules souches hématopoïétiques. Ces cellules se trouvent dans la moelle osseuse qui produit des cellules sanguines. Lorsque la mutation est acquise, des cellules anormales sont produites.

Le déficit de PIG-A provoque la perte d’une couche protectrice constituée de protéines et située à l’extérieur des globules rouges. Lorsque les cellules sont normales, cette couche constituée de protéines signale au système immunitaire que les globules rouges ne sont pas des corps étrangers et ne doivent pas être détruits. En cas de déficit de ces protéines, les globules rouges sont détruits prématurément. Dans les cas d’HPN, le nombre de plaquettes sanguines, lesquelles permettent au sang de coaguler, peut diminuer, entraînant ainsi une altération de leur fonction.

Le premier symptôme de l’HPN est une décoloration des urines. Lorsque les globules rouges sont détruits prématurément, l’hémoglobine (l’élément qui donne sa coloration au sang) est rejetée par le biais des urines. La décoloration est généralement visible durant la nuit ou tôt le matin après que les urines se soient accumulées dans la vessie. Toutefois, certaines personnes atteintes de HPN ne constateront aucune décoloration. L’hémoglobine peut être présente dans les urines à un degré insuffisant pour rendre la décoloration visible à l’œil nu.

Les autres symptômes relatifs à l’HPN comprennent :

  • des douleurs dorsales
  • des maux de tête
  • des essoufflements
  • des douleurs abdominales
  • l’apparition facile d’ecchymoses

Un effet secondaire particulièrement grave de l’HPN est la formation de caillots sanguins. Les caillots sanguins résultent de l’effet de la maladie sur les plaquettes impliquées dans la coagulation du sang. Les symptômes de l’HPN peuvent être très différents d’une personne à l’autre. Certaines personnes ne seront touchées que par des symptômes de faible ampleur alors que d’autres pourront subir de graves complications mortelles.

Le déficit du gène PIG-A peut entraîner de très nombreuses maladies allant des plus bénignes aux plus graves.

Anémie

L’anémie est un phénomène qui se manifeste lorsque les globules rouges sont en quantité insuffisante. Elle est très fréquente chez les personnes atteinte d’hémoglobinurie paroxystique nocturne. Elle peut se manifester pour différentes raisons, mais dans le cas de l’HPN elle découle de la destruction prématurée des globules rouges. Parmi les différents symptômes liés à l’anémie, on constate notamment une sensation de fatigue et de faiblesse ainsi que des maux de tête. Elle peut également entraîner des vertiges, un teint pâle et des essoufflements.

Leucémie aiguë myéloblastique

Bien que de façon moins courante, l’HPN peut conduire à une leucémie aiguë myéloblastique dont les symptômes sont notamment :

des saignements au niveau des gencives

  • l’apparition d’ecchymoses
  • de la fièvre
  • des essoufflements
  • une perte de poids
  • des éruptions cutanées
  • des douleurs osseuses
  • de la fatigue

Thrombose

Bien que moins fréquente que l’anémie, la formation de caillots sanguins constitue la complication la plus grave. Ce phénomène est appelée la thrombose. Les caillots provoquent des douleurs lorsqu’ils se forment dans l’organisme. Ils peuvent également se déplacer à travers tout le corps – et lorsqu’ils atteignent les poumons, le cerveau ou la proximité du cœur, ils peuvent entraîner des accidents vasculaires cérébraux et la mort.

Afin de diagnostiquer une HPN, le médecin étudiera les symptômes. La décoloration des urines est une indication importante tout comme la présence inexpliquée de caillots de sang et les signes d’anémie. Il sera toutefois nécessaire de passer plus d’examens pour confirmer ou non la maladie.

Il existe plusieurs examens dont le but est de vérifier la présence de la maladie mais, selon le National Center for Biotechnology Information, l’examen courant le plus adapté est l’analyse des globules rouges par la cytométrie en flux (Risitano, et al., 2008). L’analyse est particulièrement précise et permet de détecter une éventuelle absence de la couche protéinique sur les globules rouges qui caractérise l’HPN. Le prélèvement d’un simple échantillon sanguin suffit à réaliser cette analyse.

Les options de traitement de l’HPN varient selon les symptômes subis et leur degré de gravité. Dans la majorité des cas, l’HPN peut être contenue avec succès en traitant les symptômes. Les médicaments qui traitent l’anémie ralentissent le processus de dégradation des cellules sanguines et réduisent le risque de formation de caillots de sang, diminuant ainsi les symptômes. Des transfusions sanguines pourront être nécessaires pour augmenter la quantité de globules rouges.

Le traitement de la maladie peut nécessiter l’administration de corticoïdes afin d’affaiblir le système immunitaire. Dans ce cas, le médecin pourra prescrire un certain nombre de vaccins afin d’éviter les infections. Des transfusions sanguines peuvent également être effectuées pour conserver un niveau normal de globules rouges.

Un médicament appelé eculizumab peut être très efficace chez certains patients. Il arrête le processus de dégradation des globules rouges et peut se substituer aux transfusions sanguines.

Le pronostic pour l’HPN varie selon le patient. Dans de très rares cas, le nombre de cellules anormales diminuera avec le temps. Mais en général, les traitements sont nécessaires pour contenir la maladie. La plupart des patients arrivent à vivre au moins dix ans après que le diagnostic initial a été établi.

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